Départs subis, retours choisis : ce que révèle notre étude exclusive sur le retour des jeunes diplômés dans les territoires ruraux
Une étude nationale inédite
La Fédération Des Territoires aux Grandes Écoles publie, en collaboration avec l’institut Viavoice, la première étude nationale consacrée au retour des étudiants et diplômés dans leur territoire d’origine, après l’avoir quitté pour suivre des études dites « sélectives ».
Le sujet est rarement traité de front. Le débat public se résume trop souvent à l’idée d’une « fuite des cerveaux », opposant les métropoles attractives à des territoires qui se videraient de leur jeunesse. Notre étude bat en brèche ce récit. Elle montre que les trajectoires des jeunes issus des zones rurales, périurbaines et des villes moyennes sont d’abord faites de départs contraints, de ruptures sociales et culturelles, mais aussi et surtout d’un attachement durable au territoire d’origine et d’une réelle aspiration au retour.
L’enjeu est de taille : comprendre ces parcours, c’est se donner les moyens d’agir concrètement pour l’égalité des chances et pour le dynamisme des territoires ruraux.
Ce que révèle l’étude
Plus de la moitié des jeunes quittent leur territoire par contrainte, non par rejet.
Avant même de partir, 82 % des jeunes interrogés se déclarent attachés à leur territoire. Pourtant, 56 % sont partis parce que la formation qu’ils visaient n’existait pas chez eux. Le départ est moins un choix qu’une conséquence directe de la concentration des formations sélectives, des stages, des réseaux et des débouchés dans les grandes métropoles.
Plus d’un jeune sur deux vit une véritable rupture sociale et culturelle : les « transfuges de territoire ».
Près de six jeunes sur dix redoutent des difficultés d’intégration avant même leur arrivée en ville universitaire. Sur place, beaucoup découvrent de nouveaux codes sociaux et éprouvent le sentiment de ne pas tout à fait être à leur place. L’étude fait émerger la notion de « transfuge de territoire », en écho aux travaux sur les transfuges de classe : ces jeunes apprennent à évoluer dans des environnements différents de ceux où ils ont grandi, ce qui transforme durablement leur rapport à leur territoire d’origine.
Loin de la fuite des cerveaux : une majorité veut revenir.
66 % des jeunes interrogés sont déjà revenus ou envisagent de revenir vivre dans leur territoire d’origine — et près de quatre sur dix y résident déjà de nouveau. Les principales motivations : la proximité avec les proches (53 %), la qualité de vie (37 %) et l’envie de renouer avec ses racines (31 %). Ces trajectoires hybrides, faites d’allers-retours et d’attachements multiples, montrent qu’il n’y a pas d’opposition frontale entre métropoles et territoires.
Un retour souhaité, mais encore semé d’obstacles.
39 % de ceux qui souhaitent revenir citent les difficultés professionnelles comme principal frein, devant l’insuffisance de l’offre de services, culturelle et sportive (22 %) et le manque de lieux de convivialité (19 %).
Méthodologie
Étude réalisée par l’institut Viavoice pour la Fédération Des Territoires aux Grandes Écoles, auprès d’un échantillon représentatif de 6 001 Français âgés de 18 à 40 ans, originaires de France hexagonale et d’Outre-mer. L’analyse porte sur une cible spécifique de 566 étudiants ou diplômés ayant quitté leur territoire d’origine pour suivre des études supérieures sélectives. Interviews réalisées du 12 mars au 2 avril 2026, complétées par un volet qualitatif de neuf entretiens approfondis.
Nous remercions chaleureusement la fondation nationale du Crédit Agricole sans qui la réalisation de cette étude inédite n’aurait pas été possible.
Plus d’informations
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retour-territoire@dtge.org.
Nos supports de communication
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